Continuer à ou de | Explications
La syntaxe du français est à bien des égards inexplicable. Elle relève de la sensibilité linguistique des locuteurs natifs et non de règles, de prescriptions ou d’injonctions qui valideraient une forme plutôt qu’une autre.
Les locutions continuer à et continuer de font partie de ces exemples pour lesquels personne ne peut prétendre avoir le dernier mot. Seul l’usage fait la langue, et les recommandations privilégiant l’une ou l’autre de ces expressions n’ont aucun fondement.
- Ma grand-mère a continué à conduire jusqu’à sa mort.
- Ma grand-mère a continué de conduire jusqu’à sa mort.
- Je veux continuer à voyager.
- Je veux continuer de voyager.
Coupons court aux interprétations excentriques et aux prescriptions drastiques pour revenir aux bases de la linguistique : celle de l’observation scientifique…
Que ce soit pour corriger, reformuler ou résumer un texte, les outils QuillBot vous assisteront dans votre tâche, sans tout remettre en question.
Et si vous doutez des performances de l’IA, laissez-la faire, question de voir si vous feriez mieux qu’elle… Sachez qu’il n’existe aucune règle, grammaticale ou autre, qui vous empêche de continuer à/d’apprendre !
Continuer à ou continuer de suivi d’un verbe à l’infinitif
Le verbe continuer est un verbe transitif à la fois direct et indirect. Il peut aussi présenter un emploi absolu (sans complément) et impersonnel (sans pronom personnel).
- Emploi absolu : Que la fête continue !
- Emploi impersonnel : Il continue de neiger.
- Verbe transitif direct : Elle a continué l’œuvre de son père.
- Verbe transitif indirect : Nous avons continué de/à nous plaindre.
Employé sous sa forme transitive indirecte, le verbe continuer est suivi des prépositions « à » ou « de ». Ces dernières introduisent un verbe à l’infinitif, qui, d’un point de vue sémantique, insiste sur la poursuite d’une action en cours.
- Ils ont continué à vivre.
- Ils ont continué de vivre.
- Tu continueras à lire ce chapitre demain.
- Tu continueras de lire ce chapitre demain.
- On continue à espérer.
- On continue d’espérer.
Certains ouvrages prescrivent l’utilisation de la préposition « de » lorsque le verbe qui la suit commence par une voyelle. Dans les faits, cette notion d’euphonie, ou d’harmonie vocalique, est loin d’être évidente et n’a surtout rien de systématique.
C’est le cas lorsque la préposition « à » ([a] en alphabet phonétique international) précède un verbe à l’infinitif commençant par une voyelle ou un son vocalique, comme [ã].
- Il continue à entreprendre de nouvelles démarches.
- Il continue d’entreprendre de nouvelles démarches.
Puisque ce hiatus se produit en de nombreuses occasions, il devrait invariablement être évité par les locuteurs. Or, ce n’est absolument pas le cas : la locution continuer à est largement utilisée dans bon nombre d’énoncés, où la succession de voyelles ne dérange personne.
- Il continue à appeler sa grand-mère tous les jours.
- Il continue d’appeler sa grand-mère tous les jours.
Ainsi, l’argument de l’euphonie ou du « confort de prononciation » ne tient pas, car la locution est bel et bien utilisée dans des contextes où elle devrait en théorie être évitée. Les locuteurs ne l’auraient-ils pas totalement bannie si elle était aussi impossible à prononcer et si inesthétique à entendre ?
En imposant leurs explications linguistiques farfelues, certains grammairiens autoproclamés ne facilitent pas la tâche des francophones. Dès lors, la sensibilité linguistique des locuteurs, qui est pourtant leur meilleure alliée, s’en trouve invariablement menacée…
Élision fautive et élision interdite
Au-delà de la question du hiatus, le phénomène de l’élision, supprimant la voyelle finale face au « h » muet, pourrait induire le choix de la préposition.
L’élision est en effet fautive devant les verbes commençant par une consonne ou un « h » dit aspiré, le même qui interdit la liaison entre les haricots ou les hiboux.
De fait, le verbe haïr n’accepte pas l’élision de la préposition « de », car son « h » est aspiré.
- Elle continue à haïr les mathématiques.
- Elle continue de haïr les mathématiques.
- Elle continue d’haïr les mathématiques.
À l’inverse, le verbe habiter nécessite la forme élidée, soit « d’ », devant son « h » muet.
- Ils continuent à habiter dans le même immeuble.
- Ils continuent d’habiter dans le même immeuble.
- Ils continuent de habiter dans le même immeuble.
La complexité de ces élisions obligatoires et interdites pourrait faire pencher l’usage du côté de l’utilisation unique et systématique de la préposition « à ».
Or, là encore, il n’en est rien : la méconnaissance de ces règles phonétiques n’a que peu d’impact sur le choix des locuteurs. Bon nombre d’entre eux ignorent superbement ce phénomène, et maintiennent même l’élision fautive à l’oral.
La préposition « de » est plus fréquente dans les formes impersonnelles du verbe.
- Il continue de pleuvoir (plutôt que à pleuvoir).
- Il continue de neiger (plutôt que à neiger).
La forme transitive indirecte du verbe continuer, associée à l’infinitif du verbe faire, fait également pencher la balance du taux de fréquence vers la préposition « de ».
- Je continue de faire semblant (plutôt que à faire semblant).
- Je continue de faire ma vie (plutôt que à faire ma vie).
Par contre, cette différence de fréquence s’estompe lorsque le verbe est conjugué au passé composé, ou à d’autres temps du passé.
- J’ai continué à faire semblant (ou de faire semblant).
- J’ai continué à faire ma vie (ou de faire ma vie).
Rappelons qu’aucune règle grammaticale ou syntaxique ne régit ces usages. Ces observations ne reposent que sur une fréquence d’utilisation et ne relèvent en aucun cas d’une prescription linguistique.
Elles exposent néanmoins des théories intéressantes, qui mériteraient d’être validées ou invalidées scientifiquement. Elles rappellent surtout que la langue possède sa propre science, n’en déplaise à certains…
En résumé, les deux prépositions « à » et « de » sont possibles après le verbe continuer. Aucune de ces formes ne doit être privilégiée ou, au contraire, considérée comme fautive.
D’ailleurs, le verbe commencer présente exactement la même dualité de forme. Toutefois, la locution commencer de est aujourd’hui perçue comme vieillie et l’usage lui préfère la forme commencer à.
Autrement dit, continuez à/d’écrire les deux formes, mais commencez à considérer vos performances linguistiques de locuteur natif comme tout aussi valables que des prescriptions esthétiques imposées par des grammairiens improvisés…
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Charrin, A. (11 février 2026). Continuer à ou de | Explications. Quillbot. Date : 12 février 2026, issu de l’article suivant : https://quillbot.visionseotools.cloud/fr/blog/orthographe/continuer-a-ou-de/